Faire entretenir son jardin par un professionnel peut vous permettre de récupérer la moitié de la facture sous forme de crédit d’impôt. Ce mécanisme existe depuis des années, et pourtant une grande partie des contribuables concernés passent à côté faute de connaître la case 7DB. Voici comment fonctionne ce dispositif, ce que vous pouvez déclarer et comment remplir votre déclaration sans erreur.
Ce qu’est la case 7DB et à quoi elle sert
La case 7DB se trouve dans la rubrique « Emploi d’un salarié à domicile » de votre déclaration de revenus principale (formulaire 2042). Elle ne concerne pas uniquement le jardinage : vous y indiquez le total global de toutes vos dépenses de services à la personne (ménage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées, jardinage, petit bricolage…). C’est ce total que l’administration fiscale utilise comme base de calcul pour votre crédit d’impôt.
Pour le détail par type de prestation, vous devez renseigner le formulaire annexe 2042 RICI. C’est là que se trouve la case spécifique au jardinage : la case BDG, intitulée « Petits travaux de jardinage », avec un plafond annuel fixé à 5 000 euros par foyer fiscal. Le total des cases BDA, BDC, BDG et autres doit correspondre exactement à la somme inscrite en case 7DB. En déclaration en ligne sur impots.gouv.fr, ce détail est saisi dans une fenêtre dédiée « Services à la personne » et le report en case 7DB se fait automatiquement sans manipulation supplémentaire.
Le crédit d’impôt : comment il se calcule
L’avantage fiscal est de 50 % des dépenses effectivement supportées, dans la limite de 5 000 euros de dépenses de jardinage par an et par foyer fiscal. Concrètement, si vous avez dépensé 2 000 euros en travaux de jardinage dans l’année, l’administration vous accorde un crédit d’impôt de 1 000 euros. Si vos dépenses atteignent le plafond de 5 000 euros, vous récupérez jusqu’à 2 500 euros.
Ce dispositif est un crédit d’impôt et non une simple réduction : si le montant dépasse votre impôt dû, la différence vous est remboursée par la Direction générale des Finances publiques. Il est donc accessible même aux foyers peu ou pas imposables. Il n’y a pas non plus de condition de revenus pour en bénéficier : propriétaires comme locataires peuvent y avoir droit, à condition que les prestations concernent leur résidence principale ou secondaire située en France.
Quels travaux de jardinage sont éligibles ?
Toutes les interventions d’un jardinier professionnel ne sont pas prises en compte. Le dispositif couvre uniquement les petits travaux d’entretien courant, tels que définis à l’article D.7231-1 du Code du travail. Voici les principales prestations qui ouvrent droit au crédit d’impôt au titre de la case 7DB :
- La tonte de pelouse et le ramassage des déchets verts ;
- La taille des haies, des rosiers, des arbustes et des fruitiers depuis le sol ;
- Le désherbage, le débroussaillage et l’entretien général du jardin ;
- Le ramassage des feuilles et le nettoyage des allées.
En revanche, certaines prestations en sont formellement exclues, notamment la création de massifs, l’engazonnement, le terrassement, la maçonnerie paysagère, la pose de clôtures, la construction d’une terrasse et l’élagage nécessitant cordes, harnais ou matériel spécialisé. Seule la main-d’œuvre entre dans le calcul : les fournitures, les plantes et la location de matériel sont exclus.
Comment remplir la déclaration étape par étape
Sur impots.gouv.fr, la démarche est simple si vous suivez l’ordre suivant :
- À l’étape « Charges », cochez la case « Emploi d’un salarié à domicile ou recours à une aide à domicile ».
- Dans la fenêtre de détail qui s’ouvre, sélectionnez « Petits travaux de jardinage » et saisissez le montant total des dépenses de main-d’œuvre réglées dans l’année.
- Le total est automatiquement reporté en case 7DB.
- Si vous avez perçu des aides (CESU préfinancé, aide d’un organisme social), indiquez leur montant en case 7DR sans les déduire vous-même : c’est l’administration qui s’en charge.
- Si c’est la première fois que vous déclarez ce type de dépenses, cochez la case 7DQ.
Vous n’avez aucun justificatif à joindre à la déclaration, mais conservez soigneusement vos factures et l’attestation fiscale annuelle que votre prestataire doit vous remettre avant le 31 mars de l’année suivante. Ces documents peuvent vous être demandés en cas de contrôle fiscal pendant trois ans.
Ce que change l’avance immédiate
Depuis 2025, l’avance immédiate de crédit d’impôt est généralisée : si votre prestataire est éligible, vous ne payez que 50 % de la prestation au moment du règlement, l’État prenant en charge l’autre moitié directement. Cette avance ne vous dispense pas de remplir votre déclaration annuelle.
Elle constitue une avance sur le crédit d’impôt calculé lors de votre déclaration : si vos dépenses réelles correspondent exactement aux montants avancés, vous n’aurez ni à payer ni à percevoir de différence. En revanche, si vos dépenses ont varié en cours d’année, un ajustement sera effectué lors du traitement de votre déclaration.